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Coaching de piano en ligne - niveau avancé

3. Comment jouer vite au piano sans crisper nocivement la main?

La susmentionnée question répétée dans plusieurs lettres qui m’ont été adressées par de jeunes pianistes est certainement celle qui me sera posée plus d'une fois.

Par exemple, il n’y a pas longtemps, un internaute m’a écrit ceci au sujet d’une Étude de Chopin:
Je peux la jouer facilement à un tempo assez lent, mais j'aurais besoin de conseils pour arriver à jouer plus vite, car je dois faire des erreurs - mes muscles des avant-bras se raidissent à certains passages.

Ma réponse:
Malheureusement, c’est un problème très répandu. Toutes les solutions se trouvent déjà sur mon site, il faut les appliquer scrupuleusement. Il vous faudrait faire des réglages fins de votre appareil moteur en “creusant le tunnel des deux cotés”: il faut avant tout maximiser son approvisionnement en énergie et - en même temps - réduire au minimum les pertes de cette énergie.

I. Apport d’énergie
Il ne faut surtout pas prendre les muscles relativement faibles de vos doigts pour votre principale source d’énergie au clavier. Ces muscles se fatiguent rapidement - ce que vous ressentez comme raidissement des avant-bras, provient justement des muscles des doigts qui se trouvent dans cette zone. Cette erreur peut même conduire à des complications médicales graves si vous forcez régulièrement sur ces muscles.

Voici un extrait de mon chapitre 2 - “Doigts allongés, pont et grue”: :
1.3 - Moteur du jeu et modèle du “pont”
1.3.1 Quel est le moteur du jeu, c’est-à-dire la source de l’énergie du pianiste?
Il s'agit dans une large mesure d'une retombée du poids du membre sur la touche. Du poids du membre dans son intégralité. En cas de besoin, celui-ci peut être augmenté par le poids du torse qui penche. Cette retombée ne doit être ni passive, ni inerte, comme certains pianistes le suggèrent, mais bien au contraire soigneusement contrôlée.

Cette énergie du “moteur” devrait ensuite être transféré à vos doigts à l’aide du mouvement “pousser le piano” (cf. chapitres 1 et 2) et subtilement dosée par ces mouvements des poignets qui ressemblent à l’enroulement d’une feuille de papier (cf. “Comment jouer staccato” - 8.3).

 

II. Pertes d'énergie
Elles peuvent survenir au moins sur l’un de ces quatre niveaux, le plus souvent sur tous les quatre en même temps:

1. Vos bras sont trop lourds, c’est-à-dire pas suffisamment suspendus au niveau des épaules (puissance excessive du “moteur”). Les doigts sont donc surchargés. Rappelez-vous de cet excellent conseil de Liszt: “Les mains doivent planer plus qu’adhérer aux touches” (dans l’original allemand: “Die Hände müssen mehr schweben, als an den Tasten kleben”).

J’aborde ce problème dans de nombreux chapitres, notamment dans “Le poids de la main” (une décontraction excessive de la main (du bras) est aussi défavorable que sa crispation) et “Les secousses du bras - la vibration musculaire”.

2. Vos doigts frappent les touches à une distance trop élevée. Chaque note alors vous “coûte” trop d’énergie. A raison de plusieurs notes par seconde ces pertes s’accumulent et se font rapidement ressentir. Cf. l’expression “raser le clavier” dans le chapitre “Comment travailler les Études de Chopin?” - Étude op. 25 n° 11.

3. Très probablement, vous appuyez aussi les touches trop profondément (cf. “Propriétés du clavier” - 5.3) ce qui donne le même effet que dans le point précédent. Il n'est donc pas étonnant qu'avec tant de pertes, vous ayez du mal à jouer vite.

4. Il faut également bien veiller à ce que vos doigts soient suffisamment fixés dans leurs articulations (mais, bien évidemment, pas trop!) pour éviter les pertes d’énergie à ce niveau et assurer l’approvisionnement en énergie par le “pont” (cf. chapitres 1 et 2). Dans le chapitre 7 “Le poids de la main (du bras) - peut-on jouer la main crispée?” je décris ainsi la situation d’un pianiste qui joue avec les mains trop relâchées: “Chaque fois que je vois un élève qui joue avec une main ressemblant à un pneu mal gonflé, je pense à un chirurgien qui opère avec un scalpel en plastic, c'est-à-dire avec un outil totalement inadapté pour un travail exigeant une grande précision.”

Il est aussi bon de se souvenir d’un conseil de Georg Roth que je cite dans le chapitre 8 “La vibration musculaire en pratique - Debussy «Pour le piano“- «Toccata»”: “Il faut s'imaginer en permanence que le piano produit un son lorsque nous faisons un mouvement vers le haut - un peu comme si «le clavier était chargé d'électricité» (Roth/Sielużycki) et le doigt ressentait une décharge au moment de l’obtention du son.”. C'est pourquoi je recommande de travailler en staccato tous les passages difficiles. Je dois dire que je ne suis ni le premier, ni le seul qui recommande cette méthode - H.Neuhaus écrivait: “Je recommande de jouer un exercice de toutes les façons possibles, de pp à ff, de largo à presto, et de legatissimo à staccato.”*
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*Heinrich Neuhaus - “L’Art du piano”, p. 120, Éd. Van de Velde, Paris 1971

5. Dans le jeu rapide la technique projective s’avère indispensable .

Vous pouvez observer l’application de toutes ces règles sur mes vidéos (extraits à titre d’exemple):
EXERCICES: Chopin - Étude En la mineur op. 25 n° 11
EXERCICES: Debussy - “Pour le piano”, “Toccata”

 


 

Quelques mots en marge
● Je possède, bien évidemment, mes propres méthodes pour augmenter progressivement le tempo, mais je les transmets uniquement à mes élèves, parce que leur utilisation au-delà de mon contrôle peut se révéler dangereuse pour la main.

● D’autre part, le jeu au piano - en dépit de nombreux exemples de pianistes bien connus - n’est pas un sport où le meilleur est celui qui joue plus vite. Savoir jouer vite est nécessaire et indispensable avant tout pour jouer des morceaux virtuoses, mais même là, il ne faut pas en abuser.

● Le jeu rapide peut être comparé à la flèche d'une église - en regardant de loin, au-dessus des arbres et des toits des maisons, nous pouvons avoir l’impression que cette tour est suspendue dans l’air. Mais nous savons qu'en réalité elle s'appuie sur les fortes murailles de l’édifice et le bâtiment lui-même est basé sur de solides fondations sans lesquelles la flèche et toute la structure s'écroulerait.

● De même, le tempo élevé est une facette du jeu la plus facilement perceptible et la plus spectaculaire pour l’auditeur. Mais personne ne sera en mesure de jouer vite, sans maîtriser au préalable les bases de la technique pianistique et sans avoir à sa disposition tout un arsenal de méthodes et moyens techniques.

 

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